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[Archives] - Livres

(Livre-Tourrettes-en-son-pays)-Chapelle St-Jean

Les Lieux sacrés

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La chapelle Saint-Jean

Situation et description
Historique
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Description des fresques
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L’ermitage de Saint-Arnoux
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Les oratoires et croix de mission

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La chapelle Saint Jean.

L’amour est comme le vent, ténu, insaisissable. « Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. »

(Jean 3,8.)

 


Chapelle Saint Jean

Situation et description

.    La chapelle Saint Jean est située au Nord-Ouest du village qu’elle domine, sur une placette, non loin du vallon des Bouirades qui descend du Puy de Tourrettes. Elle se trouvait au bord de la « voie royale » qui traversait l’agglomération.
    Elle se trouve perpendiculaire à la route, dans une orientation presque Nord-Sud  qui n’est pas traditionnelle.  La bâtisse est rustique avec son clocheton modeste. La petite cloche a été récupérée du clocher de l’église où elle avait trouvé refuge jusqu’à la restauration de la chapelle. Deux larges fenêtres arrondies s’ouvrent sur le côté, à l’Est,  une porte à peine plus grande, au Nord, est entourée de ses deux fenestrons et surmontée d’un oculus. Son originalité se découvre à l’intérieur, depuis sa reconstruction…

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Historique.

    La chapelle Saint Jean n’a été chapelle des Pénitents Blancs qu’après la disparition, en 1794, de la chapelle de ce nom dont l’emplacement est encore indécis. En effet, il est question d’un lavoir, sans savoir duquel il s’agit.  Il existe, sur la restanque en dessous de la chapelle, un lavoir orienté Est-Ouest, qui aurait pu être un vestige de ce premier oratoire. De forme rectangulaire, de proportions assez vastes pour un lavoir privé, il est devenu assez curieusement un enclos de détente, une petite cour de repos au milieu d’un jardin.

    Certains pensent qu’il s’agirait d’un autre lieu, à l’emplacement du lavoir communal, sur la grande place, et d’une partie de la maison attenante. Cette idée est assez juste puisque la chapelle des Pénitents se trouvait souvent sur la place, plus ou moins face à l’église.

    Cette chapelle fut construite grâce à la « fondation » établie le 7 septembre 1674 par l’avocat J. Louis de Brès de Coursegoules, dont certains membres de la famille avaient été, avec le seigneur de Tourrettes et d’autres, parfois co-titulaires du fief du Malvan ou du Mauvans, près de Notre Dame des Crottons.
    Cette chapelle avait un desservant, un prêtre, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime ; ce religieux desservait aussi la chapelle de Saint Barnabé, du territoire de Coursegoules. Il avait en outre la charge de célébrer chaque lundi et chaque samedi une messe dans la chapelle de Notre Dame del Populo qui appartenait au seigneur de Tourrettes.
    Quand en 1699, Monseigneur de Crillon visita la chapelle, il constata que le fondateur était déjà mort. Lors de sa visite de 1715, Monseigneur Moret de Bourchères, évêque de Vence, indiqua que celle-ci appartenait alors à Madame de Bresc, demeurant à Entrevaux.
    C’est le 29 août 1925 qu’un ouragan dévasta la chapelle qui demeura en ruines jusqu’en 1959. (Selon M. Clap). La cloche retrouvée porte l’inscription :
    BORRY ET FARAUT FECI NICE   1861    SAINT BERNARDIN  priez pour nous.

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Renaissance de la chapelle Saint Jean.

    Je ne peux résister à la tentation de citer l’extrait de Nice Matin, du jeudi 15 octobre 1959, relatant la restauration de cette chapelle en son temps et lieu. C’est un témoignage inespéré de l’époque, qui est d’autant plus exact qu’il est vécu. La description est précise et bien tournée. Je vous invite à la lecture.

    « La restauration des édifices religieux  est à la mode. Qui n’a pas sa chapelle à décorer ? Grand bruit là-dessus. On en inventerait au besoin pour y braquer le projecteur de l’actualité. Le résultat ? Parfois propos d’œuvre d’art, parfois arabesque de la fantaisie, quand à la fois qu’elle y trouve place et compte de surcroît, si elle le peut.

    Aussi nous semble-t-il opportun de signaler la renaissance, la résurrection, sans tapage, dans notre arrière-pays, d’une chapelle qui aura au moins, sur quelques autres plus ambitieuses, l’avantage de mieux répondre à sa destination de lieu de prières. La maison de Dieu est faite pour prier. En l’espèce, ici, tout y invite. Une simple bâtisse à clocheton, au bord du chemin dominant le village. La pierre nue, promesse d’éternité. Juste les ouvertures nécessaires. Pas d’autre décor que la nature alentour : la vigne, l’olivier, le pin, le rocher de la colline, le ciel, le soleil. Chaleureux dépouillement. Retour à la simplicité chrétienne primitive. Dès l’entrée, on dirait une église des catacombes, remontée vers la lumière
    Telle se présente la chapelle Saint Jean de Tourrettes-sur-Loup. Bâtie en 1674, elle dépendait primitivement du Recteur de Coursegoules. Il en avait la charge et en retirait les bénéfices. Plus tard, lorsque la chapelle des Pénitents, dressée sur l’actuel emplacement du café du Midi, se trouva détruite, ce fut la chapelle Saint Jean qui abrita les Pénitents, jusqu’au jour où à son tour elle tomba en ruines pour devenir peu à peu un dépotoir.
     Dans le cours de 1955, peu après son arrivée, le chanoine Viale, nouveau curé de Tourrettes, qui avait déjà relevé des édifices religieux à Gréolières et Saint-Auban, entreprit la restauration de la chapelle Saint Jean. Il fut encouragé par la population. Durant l’été, ce furent les enfants qui nettoyèrent et débroussaillèrent avant de préparer le sable, les matériaux, les échafaudages. Vint ensuite le tour des maçons. Bientôt la chapelle reprenait tournure et toiture. Dès ce moment, elle servira de salle de catéchisme malgré ses ouvertures encore béantes.

 

   Le dallage de pierre et l’autel taillé en un seul bloc sont tirés des carrières de la Sine. Le menuisier local a élevé avec amour la porte en chef-d’œuvre. Le chemin de croix a été façonné en rondins d’olivier par le curé lui-même, et décoré par M. Loner. Les vitraux,dus à un atelier niçois et dessinés comme la porte par M.Roux, donnent le ton à la chapelle dont les chandeliers et la croix en céramique sont l’œuvre du potier Maurel. Enfin la peinture murale a été réalisée par un artiste désireux de renouer avec les traditions du Moyen Age, époque où les églises étaient le fruit d’une entreprise collective anonyme, pour la seule gloire de Dieu. Cet artiste a signé son œuvre d’une violette, pseudonyme discret de Ralph Soupault.
Sur cette peinture, les deux saints Jean, le Baptiste et l’Evangéliste, symbolisent l’union entre le Nouveau et l’Ancien Testament, dont la croix forme la charnière. Le sujet mêle les personnages  bibliques à la vie du village avec ses travaux – la fleur, l’olivier, la vigne – et ses jeux – feux de la saint Jean. L’intérêt de cette entreprise se situe d’abord dans la rareté du procédé employé : la gouache. Celle-ci sert remarquablement l’esprit de naïveté, de spontanéité de l’artiste, lequel se défend visiblement de vouloir faire ici œuvre d’art au sens mondainement entendu. Son travail, proche de l’artisanat – et il faut qu’il en soit ainsi – s’inspire de l’imagerie populaire à laquelle s’apparentent les santons provençaux. Le mélange des visions bibliques aux paysages quotidiens, aux travaux et aux jours d’un village, répond au but poursuivi d’une représentation familière, rendue par là, vraie, sensible, de la religion liée au passé, à la nature, à l’homme, bref à toutes les formes même les plus humbles de la vie. Tout cela est dit sans grandiloquence sur un simple mur, au-dessus d’un autel très simple, semblable à ceux des premiers âges. Seul pourrait arriver à un tel résultat un croyant parlant à d’autres croyants avec des moyens aussi volontairement élémentaires, je veux dire proche des éléments.

    Le chanoine Viale nous prie d’exprimer sa reconnaissance à tous ceux qui l’on aidé au cours des multiples phases de cette restauration. L’inauguration de la chapelle Saint Jean rénovée aura lieu dimanche prochain 18 octobre à 15h.30.
    Toute la population est conviée à cette cérémonie consacrée à un moment de foi sincère, œuvre collective d’une communauté attachée à sa terre et à son histoire.

Signé :    Jean Mouraille.

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Description des fresques.

    Dès le seuil, l’intérieur de la chapelle donne une impression d’espace. La pièce est large et bien éclairée par des vitraux aux couleurs vives, représentant la Croix dont le pied est entouré de flammes, feu de l’Amour incarné jusqu’au sacrifice. Derrière l’autel, le mur est peint d’une grande fresque représentant le paysage tourrettan, fenêtre ouverte sur le vaste panorama que l’on voit  depuis le village.

Au centre se dresse la Croix aux bras écartés entre l’alpha et l’oméga, signes du début et de la fin du monde. A son pied brûle le feu de la Saint Jean, alimenté par les gamins du pays qui en profitent pour faire éclater quelques pétards… A gauche, c’est le Baptême du Christ où Jean baptise Jésus dans le Loup – pourquoi pas ? – au son de la flûte que joue un jeune homme, tandis qu’un enfant de chœur passe les burettes et un petit garçon habillé en provençal tient la croix pour la cérémonie. Rien ne manque, ni la sauterelle, ni le lézard qui se reposent sur les pierres plates caractéristiques  de Tourrettes.

Un « tambourinaïre » mène la fête avec son fifre, il est accompagné du « cagadou » au bouquet de violettes. A droite, saint Jean l’Evangéliste montre le livre des Ecritures aux enfants groupés à ses pieds : c’est l’heure du catéchisme, tandis que la Vierge reçoit d’une fillette le bouquet de violettes traditionnel. Tout ce petit monde semble vivant, animé, pris sur le vif. Et c’est bien ce qu’a fait l’artiste en « croquant» ses personnages sur la place du village. D’ailleurs, il en a profité pour prendre sa femme comme modèle pour la Sainte Vierge et ses enfants pour représenter ces joyeux lurons. Même son fils un peu « fragile » est présent… Au fond du tableau, les collines couvertes d’oliviers, les champs de violettes où travaillent les cueilleuses, les maisons troglodytes, le berger et son chien entouré de ses moutons, l’homme qui mène son âne et les femmes qui portent leur panier sur la tête, la procession du baptême du nouveau-né, toute la vie de Tourrettes se déroule devant nos yeux en une vision panoramique pleine de charme et de naïveté.


Au-dessus de la porte d’entrée, c’est l’ « Annonce faite à Marie », petite tourrettane, vendeuse de violettes, par l’archange Gabriel

 

A gauche de la nef, Adam et Eve sont chassés du Paradis.

 

Puis vient l’arche de Noé où tous les animaux sont comptabilisés par le patriarche, sous les traits du philosophe  Lanza del Vasto qui résidait alors à Tourrettes. Devant le bateau, l’instituteur, M. Teisseire, donne une leçon de choses à ses élèves attentifs.

 

Pour le tableau suivant, l’humidité a avalé une partie de la scène où, dans le désert, Moïse fait jaillir l’eau du rocher pour le peuple hébreu assoiffé, tandis que le loup et l’agneau se désaltèrent dans le même courant.

 

A droite de la nef, c’est la naissance du Fils de Dieu sous une baume du village, en présence des Rois Mages et du curé de Tourrettes de l’époque, assisté de ses enfants de chœur.

 

Des jeunes accourent gaiement en farandole, tandis que des hommes construisent leur maison sous la protection de saint Joseph le charpentier.

 

Un peu plus loin, une grande ronde provençale entoure le repas champêtre, avec la multiplication des pains et des poissons de l’Evangile : c’est la joie du partage…

Curieusement, depuis la nef, l’ancien testament se lit de gauche à droite, le nouveau testament se lit de droite à gauche, à la façon hébraïque de son temps.

Sur la montagne, les moutons paissent, tandis que le Bon Berger récupère la brebis perdue…

 

Au village, les habitants acclament le Seigneur monté sur un âne, qui sort de la cité par le portail du beffroi. Au loin, les scouts et éclaireuses s’active dans leur camp de Courmettes.

Toute la Création est représentée ici dans sa beauté et sa diversité.

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Bibliographie