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[Archives] - Livres

(Livre-Tourrettes-en-son-pays)-Oratoires-croix de mission

Les Lieux sacrés

Oratoires et croix de mission

Les oratoires: généralités
L’oratoire Saint François
L’oratoire Sainte Anne
L’oratoire Saint Claude
L’oratoire double Saint Michel et Saint Marc
L’oratoire des Quénières
Le chemin des oratoires
Les croix de mission
Galerie photos

Chapitre suivant: Le Baou de Tourrettes et le Rocher creux

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Les Oratoires et croix de mission.

« Toute beauté est transfiguration, est épiphanie. Notre vie a un sens dont nous devons déceler et célébrer la beauté »

(François Cheng, romancier et poète chinois)

    Les oratoires sont de petits édifices érigés le long des routes anciennes, par la piété populaire. Ils ont la forme d’une colonne de pierre, plus ou moins massive, parfois construite sur un socle. Leur nom vient du latin « orare » qui signifie prier. En Provence, on les appelle des  « pilons ». Ils rappellent les stèles romaines dédiées à Mercure, le dieu des voyageurs, susceptible de les protéger. Ces stèles étaient placées principalement aux carrefours, à la croisée des chemins, à la lisière des champs, afin de bénir le voyageur et de protéger les champs. L’oratoire, halte rustique de prières, est lui-même comme une oraison de pierre.
    Ils sont l’héritage de ces « cairns » ou tas de cailloux expiatoires, autrefois appelés « Montjoie », que dressaient les bergers, les paysans, les pèlerins, en hommage à Dieu et à la paix des campagnes. Avant eux, les pierres dressées et les menhirs remplissaient ce rôle ; ils furent remplacés par le culte des saints et la dévotion mariale.
    Souvent considérés par l’Eglise comme objets de superstition, ces « pilons » étaient considérés par la Contre Réforme, qui luttait avec violence contre l’hérésie protestante, comme une autre hérésie, celle des campagnes, qu’elle traitait de paganisme. Les pèlerins s’y arrêtaient pour une courte prière, les paysans les décoraient de fleurs champêtres.
 


Oratoire Saint François

    Ces oratoires n’étaient pas construits n’importe où. Ils entouraient le territoire communal comme autant de sentinelles en poste contre l’ennemi. Ils ont eu un rôle de protection contre la peste au XV° siècle, celle qui venait de Marseille, ou encore ils accueillaient les voyageurs ou leur souhaitaient « Bon voyage », comme le nom de la chapelle en ruines du Malvan, à Vence :
     « Cada sant, la sieù candela » (à chaque saint sa chandelle).
Véritable cierge de pierre, chaque pilon était dédié à un saint particulier. Les saints étaient considérés comme des modèles, des exemples à suivre, souvent des protecteurs, toujours des intercesseurs. Ils ont chacun leur personnalité et leur fonction. Avec le développement des routes, au XX° siècle, de nombreux oratoires, parfois simple niche bâtie dans un mur, ont disparu. Il en reste cinq sur le territoire de Tourrettes.

L’oratoire Saint François est le premier que croise le voyageur venant de Vence par l’ancienne  « voie royale », non loin de la chapelle de la Madeleine. C’est l’oratoire le plus ancien. Quadrangulaire, il a une hauteur de près de deux mètres, surmontée d’une belle croix ouvragée en fer forgé. Son toit a pour base une pyramide brisée à mi-hauteur, ce qui lui donne un aspect élancé. Une niche rectangulaire s’ouvre sur la façade, elle contient une petite statue de la Vierge, à défaut de celle du saint. Sous  la niche, une pierre sculptée très ancienne porte une inscription usée par le temps et des gravures d’os entrecroisés et de flammes qui parlent de l’enfer, comme pour rappeler que les humains sont mortels et que le feu expiatoire les attend peut-être quelque part…


La date de 1788 gravée sur l'oratoire Saint François

    Dans cette belle nature, c’est bien à François d’Assise que ce pilon est dédié. François était né à Assise au XII° siècle. Sa mère, d’origine provençale, lui avait donné le prénom de Jean. Mais son père Bernardone, le grand Bernard, marchand drapier italien, originaire de Lucques, le surnomma Francesco, le français. Il vécut une jeunesse prodigue et dissipée. Après une brève période de vie mondaine, il se tourna vers la dévotion, se mit à visiter les pauvres et les lépreux, et renonça au monde. Il troqua ses beaux vêtements contre des hardes dont personne n’aurait voulu : il se sentait enfin libre, délivré des pesanteurs terrestres, de l’avoir et du paraître, ce qui n’était pas un sentiment d’insouciance mais sa façon de vivre l’Evangile dans son sens littéral. Il prêchait avec simplicité en utilisant des images naïves, il était convaincu que le monde avait perdu sa candeur et donc le secret du bonheur. Le contact de l’homme avec la terre avait donné naissance à la vieille sagesse paysanne et terrienne que soutenait le Christianisme. Pour François, cette sagesse ne se trouvait que dans la simplicité, la joie du cœur et la paix. Il aimait tout, était comme le ravi de la crèche devant la nature. Pour lui tout avait un sens et une beauté. Il avait saisi ce que Dieu ne révèle qu’aux petits. Par son voeu de pauvreté, il voulait retrouver le chemin de l’enfance, celui de la pureté.
    Mais la pensée du « Poverello » fut le fruit de l’expérience et de l’épreuve. Il entraîna derrière lui de nombreux frères pour former l’ordre mendiant des Pénitents d’Assise, les Frères Mineurs. Des maisons de cet Ordre se sont ouvertes dans plusieurs pays d’Europe. A son retour de Syrie, François reçut les stigmates de la Passion du Christ au Mont Alverne. Devenu aveugle, il chantait l’hymne à la lumière appelé Cantique du soleil. Fidèle à la Pauvreté, il attendit la mort, dans son couvent de la Portioncule, près d’Assise, nu, étendu sur la terre dénudée ; il s’éteignit au crépuscule. Il fut canonisé deux ans seulement après sa mort par le pape Grégoire IX, ce qui est rare pour les saints.
    Proche de la nature, il avait créé le Psaume de la Création. Il aimait les animaux, surtout les oiseaux qui étaient pour lui des envoyés de Dieu. A Gubbio, il avait approché un loup qui répandait la terreur dans la région ; le loup l’avait suivi et s’était couché à ses pieds en signe d’amitié. Le « miracle » avait fait grand bruit dans la contrée…
     La figure de ce saint est restée symbole de douceur, de charité, d’humilité et de pureté à travers les siècles. A la façon du Christ, il a voulu installer l’Evangile sur la terre et en a fait le sens de sa vie. Son souci de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu. Car on ne peut empêcher Dieu de ruisseler de miséricorde, pensait-il, mais cette miséricorde doit passer par le cœur des hommes, c’est ce qui est difficile… L’homme qui suit son idée reste enfermé en lui-même, il ne communie pas avec l’univers. Il lui manque le silence, la profondeur et la paix. La profondeur de l’homme est dans sa puissance d’accueil, le mal est d’abord une détresse à secourir. Telle est la sagesse du Poverello dont la sensibilité lui avait fait comprendre la vanité des biens.
    «Loué sois-tu, mon Seigneur, …pour frère Soleil…pour soeur Lune et les Etoiles… pour frère Vent… et pour soeur Eau… pour frère Feu …et soeur notre mère la Terre… », chante François dans son Cantique de Frère Soleil.

    Saint François est souvent représenté dans la robe de bure des Franciscains, serrée à la taille par une cordelière rustique aux trois nœuds représentant les vœux de Pauvreté, Chasteté et Obéissance, qui sont les trois vertus franciscaines. C’est pourquoi on a donné le nom de « Cordeliers » aux Frères Mineurs. Il est fêté le 4 Octobre.

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Oratoire Sainte Anne

L’oratoire Sainte Anne se trouve vers le village, au croisement de la route de la Madeleine et du chemin des Costes. Il était autrefois entouré de quatre cyprès qui lui donnaient un caractère sacré. De nos jours, il n’en reste qu’un seul, dont la stature atteste de son âge. La structure est haute et élancée, surélevée de trois marches qui augmentent la hauteur de l’ensemble. Le toit pyramidal est court et surmonté d’une croix simple.  Une niche s’ouvre sur la face nord, elle contient une statuette de la Vierge. Un petit bénitier est taillé en dessous. L’édifice est daté de 1849.

    Sainte Anne était la mère de la Vierge Marie. Avec saint Joachim, son mari, elle contribuait au culte de la Sainte Famille dont le style de vie et l’éducation des enfants étaient exemplaires. Elle fait partie des saints des premiers jours, car elle est l’aïeule du Christ et participa au mystère de l’Incarnation en tant que « tabernacle vivant » de la Vierge conçue en son sein. Un autel lui est réservé dans l’église paroissiale.
  

Ce que l’Evangile ne nous raconte pas, nous l’apprenons par les évangiles apocryphes : les parents de la Vierge possédaient de grands troupeaux. Ils menaient une vie simple, mais n’avaient pas d’enfant, ce qui était alors une ignominie  pour les Juifs, qui leur refusaient parfois leur offrande au Temple. Au bout de vingt ans de prières, Anne enfanta Marie.
    Le culte de Sainte Anne s’est développé en Occident à la fin du Moyen Age, grâce aux croisades qui ramenèrent de nombreuses reliques qui se sont curieusement multipliées, chaque paroisse voulant avoir la sienne ! A Chartres fut vénéré « le chef de Sainte Anne », rapporté de Constantinople, en 1204, après la Quatrième Croisade, par le comte Louis de Blois. Celui-ci en fit don à la cathédrale de Notre-Dame, « afin que le chef de la mère reposât dans la maison de la fille ». (Au XVI° siècle, le succès de ce culte rendit les prénoms d’Anne et de Marie à la mode pour les garçons). Cette dévotion va décroître au XVIII° siècle, mais de nombreux sanctuaires dédiés à la sainte continueront d’être fréquentés, surtout au Canada et en Bretagne où se déroulent de nombreux pèlerinages consacrés à Sainte Anne. Elle est fêtée le 26 Juillet.


Oratoire Saint Claude.

L’oratoire Saint Claude est situé à la sortie du village, sur le chemin de Saint Martin. Construit sur les grandes lauves, il domine l’ancienne voie royale devenue la route des Quénières. Le pilier en pierre est massif, il a deux mètres de haut. Une large et profonde niche s’ouvre vers le chemin qui monte vers le prieuré de Saint Martin. Il fut longtemps appelé oratoire de Saint Martin, sa niche cintrée renferme une statuette de ce saint sculptée par un artiste tourrettan, Charly Droeven, lors de la restauration de l’édifice en 1993. Mais c’est bien à Saint Claude qu’il est dédié.

    Saint Claude était évêque de Besançon au VII° siècle. Il aurait ressuscité trois enfants noyés. On lui attribua également des miracles posthumes. Il était surtout invoqué pour soigner les impotents et les « stropiats », car son nom signifie « le boiteux » en latin. Il était prié pour les enfants morts sans baptême. Il est avant tout le patron de la Franche-Comté. On retrouve saint Claude sur le triptyque de l’église paroissiale. Il est fêté le 6 Juin.

    Mais il existe un autre Claude, plus ancien, qui faisait partie des quarante martyrs de Sébaste en Turquie. Ces hommes appartenaient à la XII° légion romaine, dite « la Fulminate », qui cantonnait en Cappadoce. Elle devait assister à un sacrifice aux dieux qui allait avoir lieu le lendemain. C’était l’hiver, les légionnaires s’y refusèrent en tant que chrétiens. Ils furent condamnés à passer la nuit, nus, sur un étang gelé, non loin de bains chauds proposés à ceux qui changeraient d’avis. Un seul soldat capitula, un garde s’offrit pour le remplacer. Au petit matin, ceux qui étaient encore vivants furent achevés à la barre de fer. Un mourant fut porté par sa mère sur le chariot qui les emmenait au bûcher. C’était en 320, sous Licinius empereur d’Orient qui persécuta les chrétiens jusqu’à ce que son beau-frère Constantin le fasse assassiner pour prendre sa place…
 


Statue de saint Martin dans l’oratoire Saint Claude

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L’oratoire double Saint Michel et Saint Marc.

    Cet oratoire se trouve sous le village, près du Portail Neuf. Il est bâti le long de la voie romaine qui part de Tourrettes vers le sud, en direction de la Colle sur Loup. Il est double car il possède deux niches, ce qui est assez rare : vers le Sud la niche de Saint Michel, vers le Nord celle de Saint Marc.


 L’oratoire Saint Michel regarde vers la mer

    Saint Michel fait partie des trois archanges révélés par la Bible : Gabriel, l’ange de l’Annonciation, Raphaël, celui qui guérit, et Michel qui combat le démon. C’est un guerrier, le chef des armées célestes, qui, selon l’Apocalypse de Saint Jean, était chargé d’écraser les anges rebelles et de les expulser du Ciel, en les jetant « dans la géhenne, au feu qui ne s’éteindra jamais ». L’Apocalypse précise qu’il sauva la Femme en gésine, symbole de la Vierge et de l’Eglise, en combattant contre le dragon aux sept têtes. Le dragon symbolise le Mal. Le saint est représenté couvert d’une armure, debout sur le dragon qu’il transperce de sa lance. Il est souvent confondu avec saint Georges qui lutte contre le démon du haut de sa monture. Comme lui, son culte vient du Proche-Orient hellénisé. Il a remplacé le culte des divinités païennes, comme le dieu égyptien Anubis, ou encore Mercure, l’Hermès psychopompe, conducteur des morts dont il pèsera les âmes au jour du Jugement Dernier.

    Au XVII° siècle, la Contre Réforme réveille ce culte ancien et lui donne une mission nouvelle : le chef de la Milice céleste qui triomphe du Mal symbolise, pour les Jésuites, la victoire de l’Eglise catholique contre le dragon de l’hérésie protestante. Il est fêté le 29 septembre.

     Saint Marc est fêté le 25 avril, 2° jour des Rogations : les villageois venaient en procession depuis cet oratoire vers celui de saint Claude. Les Rogations étaient une période de trois jours de prières, au printemps. (Rogare = prier). Les processions faisaient le tour des villages, quartier par quartier. Le curé bénissait les champs et les cultures, les routes, les maisons


L’oratoire Saint Marc veille sur le village

     Saint Marc l’Evangéliste est représenté avec un livre dans la main, et accompagné d’un lion ailé. Marc était un juif qui avait prit le surnom romain de Marcus. Cousin de Barnabé cité dans les Epîtres et les Actes des Apôtres, il habitait Jérusalem où les chrétiens  se réunissaient dans la maison de sa mère. Jeune homme, il se serait enfui du Jardin des Oliviers, lors de l’arrestation de Jésus le Christ. N’ayant pas fréquenté le « Messie », il fut le fidèle compagnon et fils spirituel de saint Pierre qu’il aurait accompagné à Rome. Envoyé par lui en Egypte, il débarqua à Alexandrie où il guérit un cordonnier, sous le règne de Néron. Ayant prêché dans cette ville, il fut accusé de magie, mis en prison et tiré, la corde au cou, vers son lieu de lapidation, mais mourut d’un coup de massue avant d’être lapidé. Son cadavre fut jeté sur un bûcher qui ne voulut pas brûler. Il fut enseveli par des chrétiens dans un caveau creusé dans le roc.

    Au IX° siècle, deux marchands vénitiens ramenèrent son corps dans un panier, en criant « viande de porc », afin d’éloigner la curiosité des musulmans. Venise accueillit solennellement les reliques et devint ainsi son lieu de culte le plus important.

    Son évangile, l’un des premiers écrits, relate fidèlement la vie du Christ d’après le témoignage de Pierre, et s’emploie à démontrer sa nature messianique incomprise des hommes de son temps, déçus de ne pas y voir le libérateur espéré.

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Oratoire des Quénières

L’oratoire des Quénières est construit au bord de la voie romaine qui allait de Vence à Grasse en passant par notre village de Tourrettes. Cette voie est connue sous le nom de « voie royale ». Elle traversait le quartier des Valettes, longeait le château et passait le Loup au niveau de la Papeterie, avant d’atteindre le village du Bar. C’est à la fin du XIX° siècle qu’elle perdit de son importance, par suite de la construction du Chemin de Fer de Provence, menant de Nice à Meyrargues, et de la route départementale actuelle qui rejoint le Pont du Loup, limite du territoire tourrettan.

    Cet oratoire est dédié à Saint Antoine le Grand, l’ermite que la Provence représente accompagné de son cochon. L’animal faisait du tapage quand le saint priait. Le démon, car c’était lui, montrait des femmes désirables à ce chaste ermite ; il s’acharnait à le faire rentrer dans le monde avec ses tentations et le décourager de l'érémitisme. Antoine se moquait de lui, nous raconte la légende dorée, lui résistait, le narguait même et le ridiculisait !...

 


Saint Antoine le Grand

    Ce grand saint du IV° siècle, Père du monachisme, a cherché et trouvé Dieu dans la solitude la plus absolue et dans l’ascèse la plus radicale : l’homme se dépouille de tout pour rencontrer au désert son Créateur. Autrefois, les gens du village venaient en procession, le 17 janvier, à la chapelle du même nom, située de l’autre côté du vallon de Pié-Lombard. L’oratoire était la dernière halte avant l’arrivée à la chapelle où était célébrée la messe en l’honneur du saint. Plus tard, cette célébration fut portée au 13 juin, fête de Saint Antoine de Padoue, qui avait l’avantage de se trouver à la belle saison.

    On ne sait pas dater cet oratoire rustique, abandonné en même temps que le tronçon de voie qui le longeait. Ce dernier disparut dans les ronces et les épineux, ils sombrèrent tous deux dans l’oubli. De nos jours, l’oratoire a été dégagé de la nature qui l’étouffait et restauré grossièrement. Dans sa niche, une plaque de poterie neuve représente le saint en prières. Elle est l’œuvre de Colette Rémusat.
    Cet édifice a la particularité de tourner le dos au chemin qu’il était sensé protéger. Peut-être sa niche, ouverte vers le sud, était-elle destinée à veiller sur la nouvelle route et le dangereux carrefour qu’elle domine ?

 

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Le chemin des oratoires était le chemin emprunté par les pèlerins qui se rendaient à pied, du village au sanctuaire de Saint Arnoux, dans les gorges du Loup. Ce chemin utilisait la « voie royale » jusqu’à la chapelle Saint Antoine. Puis ils suivaient la piste qui longe le piémont de Courmettes, goudronné depuis et qui a pris le nom de chemin de Saint Arnoux, jusqu’à sa jonction avec la route qui monte aux Courmettes. Le chemin descendait alors vers l’actuelle route des Hautes Valettes qu’elle suivait en direction des gorges. Là, le tracé se perd dans les constructions nouvelles qui ont modifié le terrain. De toute façon, il passait sous les barres rocheuses qui dominent la route des gorges avant de rejoindre celle-ci peu avant le sanctuaire. Il fallait trois heures pour se rendre à destination, pour des personnes habituées à marcher sur des chemins caillouteux. La piste était jalonnée d’oratoires  qui permettaient autant de haltes de prières et de repos.
    Les chemins de « romérages » étaient des chemins de rédemption, car le pèlerinage avait valeur expiatoire. On y allait pour se faire pardonner de fautes plus ou moins bénignes, ou pour demander des grâces. Car le sanctuaire est habité par le divin, il est l’endroit de tous les miracles, où le mal n’a aucun droit de cité. Nous l’avons vu dans le chapitre de la chapelle de Saint Arnoux.
    De nos jours, tous ces oratoires ont disparu, comme le chemin qu’ils protégeaient. La piété n’a plus cours, mais ces édifices font partie du patrimoine local qui nous raconte l’histoire du passé. Il est émouvant de suivre les pistes parcourues autrefois par ces ancêtres dont la foi était vive et à qui des miracles pouvaient advenir, car il suffit parfois d’y croire…

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Croix de mission - Route St Jean

Les croix de mission étaient érigées au cours de journées religieuses. A certaines époques, étaient établies des semaines de prières, par le diocèse. Temps d’oraisons, temps de pénitence, comme le traditionnel carême, la population était invitée à la purification. Les missions, comme les prédications de carême, étaient menées autrefois par des moines, capucins, augustins, récollets ou bénédictins, puis par des pères missionnaires qui conviaient les fidèles à des exercices et des œuvres de piété. Une croix plantée aux abords du village mémorisait cet acte pieux.



« Un chemin, une croix et c’est toute la vie :
Nous  marchons sans savoir ce qu’apporte demain ;
Mais au pied de la croix, qui s’agenouille et prie
Peut s’en aller sans crainte au tournant du chemin. »

(Les chemins de la tradition)

 

 

Croix de mission sur la route de Vence, à la sortie du village. Celle-ci est la plus belle, la plus ouvragée. En fer forgé, elle porte une plaque en marbre sur laquelle est gravé :
XIX° Centenaire  de la Rédemption.Jubilé de 1935.

croix de mission  au-dessus de la route  de Grasse, à l’orée du village.

 

Elle porte la date de mai 1957

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Bibliographie