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[Archives] - Livres

(Livre-Tourrettes-en-son-pays)-Notre-Dame del Populo

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La chapelle Notre Dame del Populo.

    « Le vrai miracle n’est pas de marcher sur les eaux ou sur le feu ou de s’élever dans les airs. Le vrai miracle est de marcher sur la terre, d’être vivant, d’être voyant, d’être éveillé. Le vrai miracle est d’aimer, au-delà de toutes les offenses et de toutes les souffrances. » 

(Nils Daum, compagnon de Lanza del Vasto)

    La chapelle « Notre Dame del Populo » se situait à l’entrée du village, sur la route de la Bourgade, autrefois appelée « voie royale ». Elle servait d’accueil aux voyageurs et de protection aux habitants de Tourrettes.

    Au Moyen Age, plusieurs églises étaient dédiées à Notre Dame du Populo. Ce mot vient du latin populus qui signifie le peuple, les petites gens, le « popolaccio » des  italiens.

    C’est à Bézaudun que nous retrouvons une chapelle Notre Dame du Peuple qui va nous aider dans notre recherche de la chapelle disparue. Cette église d’un village voisin de Coursegoules, a été étudiée récemment par J.C. Poteur qui l’a datée du Moyen Age.

    A l’intérieur, le retable de l’autel montre la Vierge Marie couvrant de son manteau de protection le peuple des croyants, le peuple de Dieu. Nous retrouvons cette représentation de la Vierge dans le retable de Taggia, en Ligurie, au couvent des Dominicains, peint par Ludovic Bréa vers 1484. Le panneau central est appelé « Vierge de Miséricorde ».

    Ludovic Bréa, son frère Antoine et son neveu François étaient une famille de peintres niçois, qui entre 1475 et 1519 peignirent d’admirables retables disséminés entre Marseille et Gênes. Ils firent la richesse de l’ancien Comté de Nice, de la Ligurie  et des pays limitrophes. Nombreux villages peuvent s’enorgueillir de posséder un Bréa, ou du moins un tableau de l’Ecole de Bréa, comme c’est le cas à Tourrettes, pour le retable de saint Antoine dans l’église.

    La Vierge de Miséricorde de Taggia nous explique le genre de dévotion médiévale de Notre Dame du Peuple :
    « La Mère du Seigneur, en robe de brocart rouge et or, abrite sous son large manteau bleu à doublure verte le monde laïc à droite et le monde ecclésiastique à gauche. Un pan du manteau recouvre la tête de Marie qui a le regard fixe et lointain. Elle protège l’humanité de la colère divine symbolisée par le Christ aux bras  grêles, lançant des flèches : dans sa main droite, Jésus tient trois flèches rouges représentant les trois péchés capitaux, orgueil, avarice, et luxure ; de l’autre main, il serre un arc. De part et d’autre, en haut, des anges musiciens et en bas des anges armés d’arcs. »

    Ce retable est représentatif de cette dévotion de protection. Le Christ, humilié par les péchés des hommes et leur entêtement à ne pas suivre sa Parole, brandit les « foudres de Jupiter » des Anciens, aidé par les anges guerriers armés d’arcs. La Vierge, Mère de Dieu et devenue Mère de l’Humanité par la Passion de son Fils, protège sous son manteau, le peuple qui n’est plus la plèbe, mais l’ensemble des croyants. Au premier plan, sont agenouillés aux pieds de la Vierge, d’un côté les rois, les nobles et tout au fond le petit peuple, de l’autre côté, les papes, prélats et religieux.

    Les anges musiciens sont en réalité des hérauts, messagers annonciateurs du courroux céleste. Le regard inexpressif de la Vierge est un regard intériorisé, un regard empli de calme et de paix. Il fixe l’horizon, au-delà des soucis matériels, vers un Au-delà qu’il faut atteindre pendant le court séjour terrestre.

    La simplicité de la Reine des Cieux contraste avec les vêtements bordés d’or et les couronnes dorées des grands de ce monde. Sa robe rouge et or, représentant sa royauté, est sans recherche ; son manteau bleu nuit figure le mystère du Ciel, la doublure verte est le symbole de la condition humaine et de l’espérance.


Notre Dame de la Miséricorde de Taggia

par L. Bréa.

     La dévotion à la Vierge de protection va se transformer insensiblement au cours des temps. Peu à peu, son visage s’adoucit, devient tendresse, s’humanise et semble regarder chacun au fond de son cœur. Sa tenue est toujours simple, montrant l’exemple de l’inutilité des richesses matérielles. Elle présente sur son bras droit l’ Enfant Dieu. L’ambiance devient confiante et sereine. Puis, au XVII° siècle, elle tient dans sa main gauche le chapelet qui va être l’arme de la Contre Réforme. Notre Dame du Peuple, détrônée par la Vierge de Miséricorde, va devenir Notre Dame du Rosaire. De nombreuses indulgences seront données par le pape Sixte IV, à cette dévotion, afin d’inciter les gens à ce culte. Des petits panneaux vont encadrer les retables de la Vierge, afin d’enseigner au peuple illettré l’histoire de l’Incarnation.

   La chapelle de Notre Dame del Populo appartenait au comte de Villeneuve, seigneur de Tourrettes. C’était une chapelle privée. Elle possédait un beau retable en bois sombre. En son centre, le tableau était ouvert pour placer une statue de la Vierge. Autour de cette ouverture, six panneaux sculptés relataient la vie de la Vierge. De nos jours, cette belle boiserie du XV° siècle se trouve dans le chœur de l’église actuelle, derrière le siège du prêtre. Elle a subi récemment une tentative de vol qui a laissé des traces insoutenables de saccage et de détérioration.

    La chapelle n’existe plus aujourd’hui. Elle a laissé place à une bâtisse qu’on devine très ancienne. La construction de la route départementale, à la fin du XIX° siècle, a rétréci d’un tiers la largeur du pauvre édifice, au niveau de la montée vers l’école. Se devinent encore les arcs de son porche couvert, le fruit de la base de ses murs, les pierres angulaires massives et les trous de boulin où nichent les colombes…

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Bibliographie