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[Archives] - Livres

(Livre-Tourrettes-en-son-pays)-Chapelle St-Antoine

andrisi

Les Lieux sacrés

Eglise

L'église
Le cimetière

Chapelles

La chapelle Sainte-Marie-Madeleine

La chapelle Saint-Antoine

Situation et description
La vie de Saint Antoine le Grand
Le culte de Saint Antoine
Historique
Les fresques de la chapelle
Le retour de Tessarolo
Galerie photos

La chapelle Saint-Jean
Saint-Martin de la Pelote
L’ermitage de Saint-Arnoux
Notre-Dame del Populo

Oratoires

Les oratoires et croix de mission

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La chapelle Saint Antoine.

    « L’homme spirituel est un pèlerin en quête d’un trésor, et désormais ce trésor seul compte pour lui : le Dieu au cœur de lui-même et au cœur du monde. »

(Nils Daum)

 


Chapelle Saint Antoine

Situation et description.

    Petite et modeste, la chapelle Saint Antoine se cache dans un bouquet de pins au bord de la garrigue du Plan de Vens, au piémont de la montagne de Courmettes. Construite non loin de l’ancienne « voie royale » qui menait à Bar-sur-Loup, elle est éloignée du village tourrettan de trois kilomètres environ. Elle semble avoir été placée là, moins pour accueillir le voyageur venant de Grasse que pour protéger le quartier occidental des mauvaises influences et des épidémies qui venaient autrefois de Toulon ou de Marseille, les grands ports internationaux. En effet, elle est mise sous la dédicace de ce saint guérisseur et protecteur que fut Antoine le Grand, ermite au désert égyptien…

    Sa façade au Sud est surmontée d’un petit clocheton où la cloche a disparu. Une  ouverture béante, en plein cintre, fermée par une grille, mène à la minuscule pièce à l’abside en cul-de-four enchâssée dans un chevet plat. Ce chevet est décoré de fresques modernes à dominante bleue. Un autel de pierre est appuyé sur le fond peint. A cause de la petitesse de l’édifice, un autre autel de pierre est érigé à l’extérieur devant l’entrée, ce qui permet à l’assemblée d’assister à une célébration campagnarde, au milieu des chants d’oiseaux. C’est en effet au printemps que se déroule la fête du saint ermite, bien que sa fête officielle tombe le 17 janvier. Mais la coutume tourrettane veut que le pèlerinage se fasse à la belle saison, pour y aller en procession depuis le village. C’est donc à la fête de Saint Antoine de Padoue, le 13 juin, qu’a lieu ce pèlerinage. Ce changement de date entraîne parfois une confusion entre les deux saints pour les fidèles tourrettans.

Sommaire

La vie de Saint Antoine le Grand.

    Saint Antoine est encore appelé l’Ermite, ou le saint au cochon, « lou porquier ». Il est le père du monachisme, car il a cherché et trouvé Dieu dans la solitude absolue et dans l’ascèse la plus totale : l’homme se dépouille de tout pour rencontrer au désert son Créateur.
    Né en 250 en Haute Egypte dans une famille aisée, il devint orphelin à l’âge de vingt ans. Poussé par un désir de perfection, il vendit tout ses biens et se retira au désert. Il se mit à l’école d’un vieil ermite, puis se rendit dans une forteresse en ruine, à l’est du Nil, où il allait rester vingt ans. Sa réputation de sainteté s’étendit si loin que de nombreux moines vinrent à lui pour vivre la même vie. Il créa pour eux deux monastères près du Nil et vint souvent leur  rendre visite afin de les exhorter à une très grande austérité. Puis il s’isola dans une caverne au pied du mont Colzim, où il cultiva un petit jardin pour sa nourriture. Avait-il alors un cochon, comme compagnon ? Ou bien cet animal était-il le symbole des nombreuses et épuisantes tentations dont il fut la victime toute sa vie ? Nul ne le sait. Mais le bon peuple provençal aimait le représenter avec cet animal qui lui était familier.
    Agé de quatre-vingts ans, il aida Saint Athanase dans sa lutte contre les Ariens à Alexandrie. Ces Ariens étaient des chrétiens qui niaient la divinité de Jésus-Christ. A la mort d’Antoine, Athanase rédigea la « Vie de Saint Antoine », où il relatait les luttes de ce saint contre les tentations et les faits miraculeux et extraordinaires qu’il avait accomplis.
    Au VI° siècle, sa tombe fut retrouvée et ses restes portés à Alexandrie. C’est en 1050 qu’un seigneur du Dauphiné, Jocelyn, ramena ces reliques et fit construire une église à la Motte-Saint-Didier qui prit le nom de Saint-Antoine-l’Abbaye. Là, les moines hospitaliers, les Antonins, élevaient des cochons pour subvenir à l’entretien de leur établissement. Les pourceaux vivaient en liberté dans le village, où ils s’annonçaient par la clochette qu’ils portaient au cou. Alors les villageois offraient leurs détritus aux cochons de l’abbaye. C’est peut-être la meilleure explication du compagnon de Saint Antoine…

Sommaire

Le culte de Saint Antoine.

    Du X° au XIV° siècle, de nombreux foyers épidémiques furent signalés en France. Certains malades étaient tordus dans d’affreuses souffrances de contractions nerveuses, d’autres périssaient les membres noircis comme du charbon et comme rongés par le feu sacré. Les douleurs atroces s’accompagnaient d’insomnies, puis une gangrène sèche sur les membres, le visage ou les organes génitaux entraînait la nécrose des tissus et parfois l’amputation spontanée. D’autres étaient atteints de troubles psychiques avec hallucinations, délires et agitation extrême. A ces malheurs s’ajoutait la famine qui faisait suite à de mauvaises récoltes dues à des pluies abondantes et prolongées.
    En Dauphiné, les malades se rendaient au couvent de Saint-Antoine, près de Saint-Marcellin,  pour se faire soigner par les Antonins. Ils priaient Saint Antoine de leur accorder la guérison de leurs maux. Des miracles furent constatés, le saint ermite devint le guérisseur du mal sacré, le Mal des Ardents encore appelé « le Feu de Saint Antoine ».

    Ce n’est qu’en 1778 que fut découvert le parasite des céréales, l’ergot de seigle. Il s’agit d’un champignon, le Claviceps purpura, qui s’installe dans la fleur, exsude un miellat renfermant des spores dont les petits coléoptères assurent la dispersion. Les fleurs sont alors stérilisées, l’ergot remplace le grain. Ces ergots sont ramassés avec les céréales qui servent à faire le pain. Ce parasite attaque le blé, le seigle et l’orge mais pas l’avoine.
    Saint Antoine était aussi sollicité pour guérir les inflammations de peau, les morsures de chiens enragés, la gale, pour protéger les campagnes, les animaux et les humains du mauvais sort, des accidents, de la foudre et du feu.

Sommaire

Historique.

    Cette modeste chapelle, toute petite, fait penser davantage à un oratoire qu’à une chapelle, à un lieu de prière à l’extérieur, en passant sans s’arrêter, plutôt qu’à un endroit où l’on entre pour prier un moment, à l’abri des intempéries.
    Toutefois, elle ne ressemble pas à ces « pilons » provençaux que l’on découvre le long des anciens chemins, que les voyageurs à pied saluaient au passage, d’un rapide signe de croix et d’une courte oraison, afin de se rappeler au bon souvenir du « Bon Dieu » et s’en assurer la protection. Nous pouvons penser que c’est parce que le saint est grand que le pilon est particulièrement important.

    Nous ne savons pas à quelle époque cette chapelle fut construite, aucun document ne nous renseigne à ce sujet. On ne peut faire que des hypothèses. Sa simplicité nous fait penser qu’elle fut érigée au Moyen Age, peut-être au moment où se développa le culte à Saint Antoine. Nous avons vu que la visite pastorale de l’évêque de Vence, en 1603, mentionne la présence dans l’église d’un autel dédié à ce saint, rappel de l’existence d’une chapelle sur le territoire de Tourrettes. Construite non loin de la voie royale qui reliait  Grasse  à Vence, cette chapelle protégeait les paysans qui venaient travailler dans ce quartier dit du « Plan de Vens » où était cultivée la vigne…

Extrait du journal Nice Matin du 12 Mai 1973 :

    « Un jour, le maire de Tourrettes sur Loup prit le temps de monter à pied par ce qui fut jadis un sentier, jusqu’aux ruines éloquentes d’une chapelle que l’on voit depuis la route de Grasse. Les restes étaient simplement beaux, à la « mode » du XII° siècle, dont on allait trop vite oublier les leçons…L’alentour était aussi abandonné que la petite chapelle, émouvant témoignage d’une lointaine vie d’autrefois.
    « J’en était là de ma méditation, dit M. Escalier, quand j’ai aperçu un magnifique bouquet de fleurs fraîches qu’une main pieuse avait déposé au pied de ce qui avait été le chœur. Alors, j’ai décidé de tenter l’impossible pour sauver ce témoin du passé que quelqu’un –je ne sais qui – n’avait pas oublié. »
    L’émotion du maire allait être convaincante : la municipalité décidait de sauver la chapelle dédiée à Saint Antoine l’Hermite, celui qui fut soumis à la torture des tentations…

    Depuis, une petite route conduit à ce modeste édifice situé au cœur d’une nature restée inviolée. C’est là que le peintre de Roquebrune-Cap Martin, Lucien Tessarolo, travaille depuis quatre mois à sa décoration, qui lui rend son sens en la rendant à la vie de la fresque.
    L’abbé Thivet, aumônier des artistes de la Côte d’Azur, n’est pas étranger au choix de ce peintre. On se souvient sans doute des étonnants dessins qu’il fit au zoo de Monaco sur l’expression simiesque et du succès de cette exposition peu commune, honorée du patronage des Souverains monégasques.
    Sur le thème des papillons, il réalisa aussi de nombreux dessins et toiles qui lui valurent des succès flatteurs.
    A Tourrettes, ce sont les oiseaux, principalement, qui sont en scène : oiseaux blancs à gauche de l’autel pour symboliser réconfort et espoir ; oiseaux noirs, inquiétants, à la droite du saint agenouillé, tourmenté, qui contemple un lascif – et abstrait – papillon
.

    « J’avais dix-huit mètres carrés à peindre, commente L. Tessarolo, mais devant les murs, j’ai compris que mes projets, mes maquettes n’étaient plus que des indications. Alors, j’ai tout recréé… »
    Les invités à l’inauguration – demain dimanche à 16 h. – découvriront de belles harmonies de bleus sourds, chers à l’artiste.
    Monseigneur Daumas représentera Mgr Mouisset, évêque de Nice, y célèbrera l’office, procèdera à la bénédiction de cette petite chapelle qu’on croyait oubliée depuis huit cents ans, sauf d’on ne sait qui, dont elle recevait les fleurs qui allaient la sauver… »

Extrait du journal Nice Matin du 14 mai 1973.

    Monsieur Escalier, maire de Tourrettes sur Loup, cheville  ouvrière de la restauration de la chapelle Saint Antoine que nous avons présentée dans nos éditions de samedi, a reçu hier, aux côtés du peintre roquebrunois Lucien Tessarolo, auteur des fresques qui la décorent, d’innombrables personnalités civiles et religieuses.
    Hier était en effet le jour « J » de l’inauguration de ce délicieux petit édifice situé à trois kilomètres de la localité, en pleine nature.
    C’était aussi l’occasion de renouer avec une tradition qui se perd dans la nuit des temps : le pèlerinage à Saint Antoine, toujours effectué en ce début de mai.
    Une messe fut concélébrée sur le petit autel au pied de la chapelle, par Mgr Daumas représentant de l’évêque de Nice, et le chanoine Vial, curé de la paroisse tourrettane.
    Le sermon porta sur la force d’âme du saint patron de la chapelle fortement décrite par les fresques de l’artiste qui a une fois de plus montré d’exceptionnels dons de dessinateur, servis par un solide métier de peintre.
    De nombreux élus des environs étaient présents : M. Gioan, maire de Roquebrune- Cap Martin, des personnalités de cette ville, et aussi de Menton avaient fait le voyage.
    On reconnaissait parmi une foule d’artistes, M° Limouze, Mme Moretti, le sculpteur Féraud, etc. .... et leur aumônier M. l’abbé Thivet.
    A l’issue de la simple et belle cérémonie religieuse (on apprécia la beauté rare des chants), M. Escalier remercia et convia ses invités à un lunch qui fut servi sous les agréables pinèdes des alentours. »

Les fresques de la chapelle.

    Les murs et le plafond de l’abside sont entièrement décorés de fresques modernes où de grands oiseaux blancs et  des oiseaux sombres entourent le saint à genoux. Dans un dégradé de bleus allant du plus clair au plus profond, des envolées d’ailes de papillons mêlées à celles des oiseaux, semblent nous écraser. Car l’ombre n’est pas seulement l’inconscient, elle est ce que le conscient refoule dans les plis de sa mémoire, pour éviter d’être menacé par son existence.

    Dans le chœur en cul-de-four, un grand Christ étend ses bras sur le monde.

    Le saint en prière est en blanc, il est surmonté d’un oiseau blanc, symbole des bonnes pensées et de l’oraison. Des oiseaux sombres sont derrière lui,  comme autant de sentiments destructeurs  et de souffrances que cet homme torturé refuse. Les mauvaises pensées et les tentations le tourmentent mais le mystique leur tourne le dos et se concentre dans sa  méditation. Chaque pensée, chaque acte a un effet boomerang.

 

    Ainsi, les hommes sont comme des murs qui se font face. Ces murs sont percés de trous où nichent des oiseaux : il y a des trous pour les oiseaux noirs et d’autres trous pour les blancs. Quand un homme en colère envoie des  oiseaux noirs vers un autre, ces oiseaux quittent leur trou. S’ils ne trouvent pas de trous correspondants chez le destinataire, ils reviennent à l’envoyeur : le mal envoyé revient à sa source qu’il va ronger et détruire.  Les oiseaux blancs émis retournent chez eux s’ils ne trouvent place chez le destinataire : les bonnes pensées reviennent pour porter le bonheur qui n’a pas été accepté par l’autre…

    Sur le ciel de la chapelle, la colombe de l’Esprit Saint porte en son bec l’hostie, pain de Vie des justes, vers le Christ en croix derrière l’autel. Non loin de là, un grand hibou au poitrail blanc monte la garde, garde de nuit, garde de l’inconscient et de ses secrets qu’il ne faut pas réveiller. Le mystère de l’Incarnation est un appel à la conversion spirituelle qui élargit l’esprit humain à sa dimension d’éternité. La Crucifixion est offrande totale de soi, prélude à la Résurrection, transcendance de l’humanité à la suite du Christ…

 

    A l’entrée, le sol en galets est décoré d’un cochon sauvage, compagnon du saint, et animal fréquemment rencontré dans le secteur de la chapelle rurale. Sur les murs latéraux, deux tableaux sculptés dans la pierre claire représentent une colombe, symbole de paix et de pureté, et un papillon, emblème de métamorphose et d’éternité.

    Plantée au milieu des genêts, du thym et de la sarriette, la chapelle provençale est un lieu saint qui rappelle à l’homme le sens du sacré…

 

Sommaire

Le retour de Tessarolo.

    Après de nombreux mois de recherche, Tessarolo, l’artiste qui a peint les fresques, a été retrouvé grâce à l’opiniâtreté d’Yvonne C. Le peintre a été invité à revenir à Tourrettes et à redécouvrir son œuvre de jeunesse, trente ans après. C’est avec beaucoup d’émotion qu’il nous a expliqué les énigmatiques peintures que le temps et l’humidité ont malmenées.

    Cette chapelle dédiée à Saint Antoine le Grand, l’ermite du désert, a pour thème le saint et ses tentations. Thème grave et délicat pour lequel l’Eglise avait réclamé, à l’époque,  des dessins préparatoires, afin d’éviter toute surprise artistique ou toute déviation hérétique. Les dégradés de bleus sombres aux bleus clairs symbolisent les impulsions profondes qui entraînent l’homme au mal.

    Sur les fresques de la minuscule chapelle, le saint homme à genoux, à gauche du chœur, est une ombre blanche déshumanisée, dans l’idéologie de la transcendance de la croyance ; le mystère de la foi l’illumine et le protège. La colombe du Saint Esprit le domine et le soutient ; elle représente la purification. Derrière lui, les figures géométriques en forme d’ailes de papillons obscurs figurent les persécutions des tentations qui pèsent sur ses épaules. Les camaïeux de bleu suggèrent les alternances du jour et de la nuit où les forces du mal tourmentent le pauvre homme. Celui-ci tient fermement devant lui une croix portant un Christ rouge, symbole de son humanité souffrante et du combat incendiaire qu’il mène contre le Mal. Ce Christ est aussi le signe de la transmutation du mal, l’alchimie purificatrice de l’humanité qu’il porte sur lui.

    Cette chapelle dédiée à Saint Antoine le Grand, l’ermite du désert, a pour thème le saint et ses tentations. Thème grave et délicat pour lequel l’Eglise avait réclamé, à l’époque,  des dessins préparatoires, afin d’éviter toute surprise artistique ou toute déviation hérétique. Les dégradés de bleus sombres aux bleus clairs symbolisent les impulsions profondes qui entraînent l’homme au mal.

    Sur les fresques de la minuscule chapelle, le saint homme à genoux, à gauche du chœur, est une ombre blanche déshumanisée, dans l’idéologie de la transcendance de la croyance ; le mystère de la foi l’illumine et le protège. La colombe du Saint Esprit le domine et le soutient ; elle représente la purification. Derrière lui, les figures géométriques en forme d’ailes de papillons obscurs figurent les persécutions des tentations qui pèsent sur ses épaules. Les camaïeux de bleu suggèrent les alternances du jour et de la nuit où les forces du mal tourmentent le pauvre homme. Celui-ci tient fermement devant lui une croix portant un Christ rouge, symbole de son humanité souffrante et du combat incendiaire qu’il mène contre le Mal. Ce Christ est aussi le signe de la transmutation du mal, l’alchimie purificatrice de l’humanité qu’il porte sur lui.

    Sur le mur d’en face, à droite du chœur, le grand hibou blanc surveille les mystères de la tentation. Les impulsions intérieures sont toujours personnelles et secrètes. Elles sont représentées par des insectes agaçants et les flammes dansantes des passions qui envoûtent les esprits humains et font diminuer la volonté de leur résister.  L’oiseau des ténèbres symbolise aussi la nuit de la foi au-dessus d’une couronne d’épines et d’un sol rouge vif, de la couleur du sacrifice divin.

    Dans le chœur, au-dessus de l’autel, le grand Christ en croix a un corps d’athlète. Il est puissant et rappelle la force de la croix. Les trois cercles qui entourent ses mains et ses pieds représentent la Sainte Trinité. Au plafond, la colombe étend ses ailes sur le monde en signe de protection et de paix.

    Le sol de pierre noire fut récupéré par le Père Thivet, aumônier des artistes de cette époque, lors de la démolition d’un monument historique. Les dalles triangulaires sont assemblées en carreaux, les joints forment des croix. Cet abbé proposa Tessarolo, pour le travail des fresques, à la commission chargée de la restauration de la chapelle.

     De 1968 à 1975, l’artiste était alors spécialisé dans le dessin des oiseaux et des papillons : il avait fait une exposition à Nice sur ce thème. Il peint toujours des animaux : éléphants, girafes, singes, dans des situations cocasses. Déjà le Général De Gaulle  l’avait nommé « le peintre humoristique de la gent animale ». Jean Rizier, lui, l’appelait « le Noé de l’imaginaire ». Tessarolo se présentait comme « le Douanier Rousseau de l’école de Nice » dont il avait fait partie autrefois…

         La chapelle garde son mystère ; sa restauration a permis à l’artiste d’exprimer secrètement une certaine malice, car dit-il :
    « Les tentations sont les choses de la vie. Ces espiègleries sont donc des réalités. »


 Intérieur de la chapelle

Galerie photos de la chapelle

 

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Bibliographie