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[Archives] - Livres

(Livre-Tourrettes-en-son-pays)-Chapelle Ste-Marie-Madeleine

Les Lieux sacrés

Localisation des lieux sacrés

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L'église
Le cimetière

Chapelles

La chapelle Sainte-Marie-Madeleine

Situation et description
Historique
Les fresques de la chapelle
La vie de Marie-Madeleine
Le culte de la Marie-Madeleine
Les reliques de Marie-Madeleine
La Sainte provençale

La chapelle Saint-Antoine
La chapelle Saint-Jean
Saint-Martin de la Pelote
L’ermitage de Saint-Arnoux
Notre-Dame del Populo

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Les oratoires et croix de mission

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Chapelle Sainte Marie-Madeleine.

    « Dans sa recherche de Dieu, le cœur éclate et saigne, mais c’est une grâce car il devient illimité. »

 (Jacqueline Kelen, Divine Blessure).

 


Chapelle Sainte Marie-Madeleine

Situation et description.

    Autrefois, la chapelle était située au bord de la « voie royale » qui menait à Vence. Sise aux confins du territoire de Tourrettes, elle se trouvait en réalité au sommet de la côte que le voyageur montait en venant de Vence, avant d’atteindre le plateau de la Madeleine d’où il apercevait le village. Cette chapelle était donc le premier monument tourrettan que rencontrait le voyageur et qui l’accueillait, en lui souhaitant la bienvenue au pays.

    Aujourd’hui, construite sur le côté droit de la route de la Madeleine, la chapelle a curieusement une orientation Nord-Sud qui n’est pas habituelle. Selon la tradition catholique, tout édifice religieux est orienté Est-Ouest, avec ouverture au couchant et chœur au levant. Ici, la chapelle offre son porche largement ouvert comme un abri et sa situation perpendiculaire à la route la rend bien visible de loin à celui qui la découvre. On y accède par deux marches en pierres usées par le temps. Le porche assez vaste était également ouvert jadis sur les côtés, mais ces ouvertures cintrées furent murées en partie afin d’éviter les courants d’air. Ces nouveaux murs ont permis de bâtir latéralement, à l’intérieur, des murets servant de sièges.
    Une grille sépare le porche couvert de l’entrée de la chapelle proprement dite, petite pièce carrée, simple, terminée par un chœur en cul de four. Le ciel de ce chœur réduit est décoré d’une colombe bleue, symbole de l’Esprit-Saint. A l’extérieur, l’abside romane en pierres apparentes est cachée dans le jardin d’une propriété voisine. Elle est flanquée de deux cyprès qui ajoutent au caractère sacré du lieu.

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Historique.

    On ne sait rien de la construction de la chapelle.

Extrait du journal Nice-Matin du 22 septembre 1953 :

« Un peintre hollandais a restauré la chapelle Marie-Madeleine à Tourrettes-sur-Loup.
    Depuis un nombre incalculable d’années, la chapelle de style roman qui avait été dédiée à la sainte protectrice de Tourrettes-sur-Loup, ne présentait plus qu’un édifice en ruine. On se demandait même si elle finirait par être restaurée un jour, quand la municipalité eut la bonne aubaine de recevoir la visite d’un peintre hollandais ayant élu domicile au pays tourrettan.
    Ce peintre n’était autre que KRALINGER.. Il proposa non seulement à Monsieur Geoffroy, maire de Tourrettes, de décorer les murs de la chapelle Marie-Madeleine, mais d’effectuer aussi les travaux de maçonnerie qu’il considérait comme indispensables à la restauration du sanctuaire.
    Une souscription ouverte peu après l’intéressante proposition de KRALINGER trouva un accueil enthousiaste auprès de la population tourrettane
    Les fonds rapidement recueillis permirent à kralinger d’entreprendre la réalisation si ardemment souhaitée.
    Pendant près d’un an, l’artiste fut tour à tour maçon, sculpteur et décorateur. Avant de peindre les fresques qui ornent maintenant les murs du saint lieu, il fallait évidemment s’attaquer au gros œuvre et Kralinger ne craignit pas de se livrer à cette délicate besogne. Au contraire, il s’y donna avec passion.
    Aujourd’hui son œuvre est achevée. Elle a reçu dimanche dernier la consécration de Monseigneur Verdet, évêque auxiliaire de Nice, venu tout spécialement à Tourrettes pour bénir la chapelle Sainte Madeleine, dont la renaissance fera date dans les annales du pittoresque village tourrettan
    Maître Hugues, député-maire de Vence, ministre de l’Information, ainsi que diverses autres  personnalités régionales, assistaient à cette émouvante cérémonie au cours de laquelle M. Geoffroy, après avoir effectué la remise du sanctuaire à Mgr Verdet, déclare en substance : « Cette œuvre d’art a été exécutée gracieusement par M. Kralinger, un tourrettan d’adoption, que je remercie bien sincèrement et qui a foi dans le triomphe du bien sur le mal.
Peintre et sculpteur de talent, il a cherché le rayonnement de la flamme intérieure qui vit en nous et trouvé le moyen de l’exprimer en illustrant de façon saisissante la vie de Marie-Madeleine, d’abord perdue dans ses erreurs, puis rayonnante de paix et de sérénité dès sa rencontre avec le Christ ».
    Kralinger qui assistait à la cérémonie fut chaleureusement félicité par M. Geoffroy ainsi que par les notabilités participant à l’inauguration des fresques de Marie-Madeleine.
    Préalablement à la consécration de la chapelle restaurée, Mgr.Verdet avait présidé à la messe solennelle célébrée en l’église paroissiale par M. le chanoine Jost, archiprêtre de Vence, assisté par M. le curé Chabaud de Tourrettes-sur-Loup et du curé de Saint-Paul, tandis que le prestigieux chœur grégorien de Lanza del Vasto interprétait de splendides fragments de musique religieuse. »

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Les fresques de la chapelle.

    Les murs intérieurs de la chapelle sont décorés de fresques représentant des personnages étranges, vêtus de longues robes blanches, les uns ont les yeux baissés, les autres ont les yeux noirs dessillés. Ils font penser à la mort et à la Résurrection dont la sainte a été le premier témoin. Cet acte n’est pas précisé, mais la simplicité des personnages nous fait comprendre l’impact de ce fait sur les êtres vivants. Les uns aux paupières closes sont encore aveugles à la Révélation, les autres aux yeux grand ouverts ont été touchés par la grâce.
    En effet, les yeux ouverts, émerveillés, révèlent ce « lieu du cœur » où le corps se transfigure et où les esprits se corporifient.
    Cet état de pauvreté, de simplicité, de nudité des personnages fait sortir de l’identité humaine un mouvement ascensionnel qui la révèle tout autre. Telle est l’image de la sainte patronne du village : celle qui a vu et aimé le Christ et qui en a été transformée.

    Comme le dit Hafez de Chiraz, un sage oriental : « Jamais ne goûtera la mort celui dont le cœur fut vivant par l’Amour ».

    En 2012 la chapelle a été entièrement restaurée En savoir plus!

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La vie de Marie-Madeleine.

    Marie-Madeleine est connue dans les Evangiles comme la grande pécheresse de qui le Christ fit sortir les « sept démons ». Son nom vient de Magdala, village situé sur la rive Ouest du lac de Tibériade en Galilée; pendant longtemps a plané un mystère sur ses origines. Etait- elle cette Marie de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare ? Béthanie est un village situé à trois kilomètres de Jérusalem, en Palestine, sur la route de Jéricho. Si Origène, saint Jérôme et Bossuet les distinguent, saint Grégoire le Grand et saint Bernard les confondent.

    Une récente étude, faite par un moine dominicain, nommé « Père Gardien » de la grotte de la Sainte Baume, nous apporte des précisions intéressantes sur les origines de Marie Madeleine. Ce moine se base sur des récits anciens de Raban Maur au IX° siècle et du dominicain Jacques de Voragine au XIII° siècle. Ces auteurs font référence à un texte, disparu depuis, d’Hégésippe, écrit au II° siècle. Un passage très ancien du Talmud, recueil de traditions rabbiniques, indiquerait très précisément le rang social de ses parents.

    C’est ainsi que nous apprenons que Lazare, Marthe et Marie (Madeleine) sont nés à Béthanie,  « à 15 stades à l’Est de la cité sainte de Jérusalem », soit environ trois kilomètres. Leur mère Eucharie tirait sa noble origine du sang royal de la nation d’Israël. Leur père Théophile était un syrien d’origine noble et important par la dignité de sa charge : il était le premier des satrapes de la province, gouverneur et prince de la Syrie et de toute la contrée maritime. Son prénom révèle sa culture grecque. Plus tard, il fut attiré par la prédication du Christ et devint son disciple. Il renonça aux grandeurs du monde pour suivre humblement le Messie.

    Chacun des frère et sœurs avaient reçu en héritage une maison où ils vivaient séparément, devenus adultes. Lazare habitait la maison familiale de Béthanie, Marthe résidait dans une autre Béthanie au-delà du Jourdain. Quant à Marie, elle demeurait dans une belle propriété à Magdala en Galilée, sur les bords du lac de Tibériade. Par leur mère, ils étaient juifs tous les trois selon la tradition d’Israël. (Selon Ph. Decouvoux  du Buysson)

    A Magdala, Marie possédait un vaste domaine agricole qui lui procurait des revenus conséquents grâce à la culture des céréales et à l’élevage des moutons et des chèvres. Située à 200 mètres au-dessous du niveau de la mer, la région avait un climat chaud et humide, propice aux arbres fruitiers et aux fleurs à parfums. Marie Magdeleine fabriquait des teintures et des parfums rares qu’elle vendait dans tout le Moyen Orient. Nombreuses étaient les familles aisées de Jérusalem qui possédaient une résidence secondaire dans ce pays. S’y retrouvaient Juifs, Romains, Grecs et autres nations où se mêlaient notables, fonctionnaires, soldats, artisans et commerçants dans une franche camaraderie. Près du lac, Hérode Antipas possédait un palais où de fréquentes invitations réunissaient toute une société mondaine et cultivée, d’une grande liberté de pensée et de comportement. C’était une autre ambiance que celle qui régnait à Jérusalem où les grands prêtres, les scribes, les professeurs et les pharisiens intraitables dominaient par leur attitude fière et austère. Par sa beauté, sa grâce et sa bonne éducation, Marie Magdeleine faisait partie de ces invités. Elle était devenue l’amie très chère de Jeanne, femme de Chouza, l’intendant d’Hérode.
    Lorsqu’elle rencontra Jésus sur les chemins de Palestine, tout de suite elle l’aima en femme passionnée. C’est elle qui lui lava les pieds de ses larmes de repentir chez Simon le pharisien, les lui essuya de son opulente chevelure, dénouée en signe de pénitence, parfuma la tête du Maître au moyen d’un onguent précieux qu’elle avait apporté, en signe d’hommage, de remerciement et d’amour, ce qui offusqua les invités présents prétextant qu’il eût mieux valu en distribuer le prix aux pauvres.

    Traitée de prostituée, de « pécheresse dans la ville », l’était-elle vraiment ? Vues de Jérusalem, ses fréquentations dans le palais du tétrarque Hérode Antipas étaient douteuses et suffisaient à la nommer « femme de mauvaise vie », la « Magdaléenne », une « excommuniée ».
    D’une première rencontre à Tibériade, Jésus l’avait délivrée des « sept démons » qui la tourmentaient. Ces démons étaient en réalité les désirs de confort, de luxe, d’argent, de puissance, d’orgueil, tout ce qu’entraîne une vie facile et enivrante, offerte aux plaisirs…Elle avait rencontré le regard de Jésus, un regard doux et intelligent, sans reproche ni condamnation, mais empli d’une immense bienveillance. Puis Jésus avait imposé ses mains sur la tête de la pécheresse pendant un long moment. C’est alors que Marie Madeleine eut  l’impression qu’elle recevait de lui toute sa pureté et toute sa force paisible, un immense  bonheur et une grande paix. Plus que des larmes de repentir, elles étaient le signe de cette joie profonde et de reconnaissance infinie qu’elle manifestait à son Sauveur qu’elle ne voulut plus quitter.

     De ce contact avec une « prostituée » chez Simon, Jésus aurait dû être souillé selon la loi juive, or c‘est la pécheresse qui fut pardonnée et purifiée. Alors elle s’attacha  aux pas du Messie et ne le quitta plus jusqu’au pied de la croix. C’est encore elle que Jésus choisira pour lui apparaître en premier, au matin de Pâques, dans son corps de Ressuscité, la priant de ne pas le toucher : « Noli me tangere », tant qu’il n’était pas retourné au Père, et enfin l’envoyer annoncer cette Bonne Nouvelle aux Apôtres, la rendant ainsi « Apôtre de la Résurrection ». En cette époque où la loi juive ne donnait aucune importance aux femmes, le geste est surprenant et prouve la confiance que le Maître accordait aux femmes en général et à la repentie en particulier.

    Après la mort du Christ, Marie de Magdala subit les persécutions chrétiennes. Elle faisait partie d’un groupe de disciples, dont Maximin, Lazare, Marthe et sa servante noire Sara, Sidoine, l’aveugle-né guéri par Jésus le Christ, et les saintes Maries, Marie Jacobée, belle-soeur de la Vierge, Marie Salomé, mère des apôtres Jacques et  Jean. Ils furent abandonnés en mer sur un bateau, sans rames ni voile, ni provisions.
    Selon la légende dorée, les courants marins les amenèrent en Camargue, en un lieu bâti par les égyptiens et appelé Ratis ou Barque de Râ, le dieu solaire d’Egypte. Là où ils débarquèrent vivaient des gitans. Ils se séparèrent afin d’entreprendre l’évangélisation de ce pays, pressés de répandre la Bonne Nouvelle.

    Marthe partira vers Tarascon qu’elle délivrera de la Tarasque, sorte de dragon symbolisant le Mal, Maximin et Sidoine s’installeront à Aix, Lazare à Marseille tandis que les Maries et Sara resteront en Camargue, donnant ainsi au lieu actuel le nom des Saintes-Maries-de-la-Mer, devenu depuis le lieu de pèlerinage des gitans. Marie-Madeleine vécut sept ans à Marseille, dans une grotte qui se trouve aujourd’hui dans la crypte de l’abbaye de Saint-Victor, fondée plus tard, au début du V° siècle, sur le tombeau du saint martyr. Là, elle prêcha l’Evangile avec beaucoup de foi et une grande éloquence. Elle avait tant de choses à dire au sujet de Celui qu’elle avait aimé et qu’elle ne pouvait oublier. Ces années furent pour elle, une retraite pénitentielle, un lieu d’apprentissage avant d’entreprendre l’érémitisme suprême de la Sainte Baume.
    Dans le massif calcaire de la Sainte Baume, une grotte s’ouvre largement dans la falaise que domine le sommet à 1147 mètres. A l’époque antique, ce lieu était sauvage et caché, infesté de serpents et l’antre d’un dragon mythique représentant peut-être un culte païen que Saint Michel, l’archange guerrier, chassa jusqu’au Rhône. Dès son arrivée, la sainte réclama  de l’eau au ciel,et le rocher se fendit, comme pour Moïse dans le désert, pour laisser couler une source d’eau claire, la fontaine miraculeuse. Pendant trente-trois ans, la sainte vécut une vie de privation absolue, de prières et d’extases qui la transporteront au Saint Pilon, au sommet de la falaise, plusieurs fois par jour.

    A sa mort, ses restes furent recueillis par saint Maximin qui les déposera dans un tombeau à Villa Latta, petite bourgade gallo-romaine, qui prendra le nom du saint après son décès.

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Le culte de la Marie-Madeleine.

     Marie-Madeleine est une sainte provençale. Par ses sept années d’évangélisation à Marseille, cette étrangère, témoin du Christ vivant, a été adoptée par la Provence. Ses trente-trois ans de vie érémitique à la Sainte Baume, son corps enterré à Saint Maximin, l’ont ancrée au cœur de cette province et de ses habitants.

    C’est à partir du VIII° siècle que Madeleine est fêtée le 22 juillet.

    Au VIII° siècle, les Sarrasins envahissent le pays, le mettent à feu et à sang. En l’an 749, la ville d’Aix est dévastée par les Barbares, le corps de la sainte est transféré par le chevalier Aléaume, frère de l’abbé Eudes, au monastère de Vézelay, sous le noble Girard, comte de Bourgogne. Fondée au IX° siècle, l’abbaye de Vézelay  est sous le patronage de la Vierge Marie. Des miracles sont obtenus autour du tombeau de Marie-Madeleine. Le nouveau culte se développe alors du XI° au XIII° siècle, la sainte détrône la Vierge dans la basilique. Vézelay devient le centre de ce culte : papes, rois, pèlerins et croisés viennent le visiter. L’engouement pour les reliques est l’un des aspects du Moyen Age du besoin de merveilleux. Venir voir, toucher même et vénérer les restes de celle qui avait vu le Christ vivant, le Fils de Dieu, l’avait aimé, avait assisté à sa crucifixion et à sa Résurrection, était alors, pour le pèlerin, une façon de concrétiser sa foi, de la rendre plus réelle, de la toucher du doigt en quelque sorte, et si possible d’en recevoir les bienfaits pour mieux repartir dans la vie.

    Ce culte atteignit la Sainte Baume en 1173, puis émigra vers Antibes en 1320, arriva à  Nice en 1482 et se répandit à Vence, au Broc et à Coursegoules en 1496. C’est donc à la fin du XV° siècle que la sainte est vénérée en pays vençois et qu’apparaissent alors les chapelles qui lui sont dédiées. En 1534, le village du Broc possédait un bras reliquaire de la sainte et un buste renfermant cinq dents, quatre onces de doigts et quatre autres petites pièces d’os, selon Monseigneur Jarente, alors évêque de Vence.

    Les moines de l’abbaye de Saint-Victor de Marseille entrent en possession de l’église  de Saint Maximin en 1038 selon la charte de donation. Au XII° siècle, il n’y a qu’un modeste prieuré autour de la sépulture de la sainte. Une lutte commence entre Vézelay qui détient les reliques confiées et Saint-Victor de Marseille dont Saint-Maximin est le prieuré possédant le tombeau de Marie-Madeleine, un sarcophage d’albâtre.

    En 1279, le 9 décembre, Charles I° d’Anjou, prince de Salerne, roi de Sicile et comte de Provence, redécouvre le tombeau abandonné de Marie-Madeleine à Saint Maximin. Il réclame les reliques à Vézelay, la translation a lieu le 5 mai 1280. Elles sont placées dans un caveau paléochrétien, crypte de la vieille église. Il les confie à la garde des frères prêcheurs dominicains de la province romaine, correspondant à l’Italie actuelle, et obtient du chapitre provincial que cette date du 5 mai soit fêtée dans tous les couvents de cette région.
    Dès 1283, ce roi d’Anjou encourage le culte de la sainte et pose la couronne royale de Naples, sertie de diamants et de rubis, sur le buste reliquaire tout en or. A sa mort, son fils Charles II d’Anjou continue son œuvre et fait construire, sur l’emplacement de la vieille église mérovingienne, une basilique de style gothique, longtemps inachevée, unique en Provence, et un couvent.  En 1295, les reliques  passent sous la responsabilité des frères prêcheurs provençaux qui organisent des pèlerinages. (D’après Bernard Montagnes)

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Les reliques de Marie-Madeleine.

    Les reliques de Marie-Madeleine sont importantes pour notre étude car elles permettent de mieux approcher la sainte patronne de notre village.
    De nos jours, dans la crypte de la basilique de Saint Maximin, se trouve un reliquaire en bronze doré du XIX° siècle, contenant la tête de la sainte. Le crâne est grand, le front, les orbites et les dents sont larges. Une parcelle de chair sur le front garde la trace des doigts de Jésus. Les cheveux sont à part, dans une autre monstrance. Ils sont « abondants, longs et plaisants », selon le témoignage d’un pèlerin médiéval. Ceci nous fait penser à la grande statue sulpicienne de Marie-Madeleine dans l’église de notre village, presque grandeur nature, ce qui est rare pour une statue, et qui représente une grande et belle femme aux longs cheveux ondulés. Marie-Madeleine, de son vivant, devait ressembler à cette reproduction ; elle nous est plus proche …Sa grande taille est à l’image de sa grandeur spirituelle et de sa sainteté.
    Un autre reliquaire contient un bras de la sainte, particulièrement long, et une ampoule sacrée renferme de la terre imbibée du sang du Christ prélevée par elle, au pied de la croix.

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La Sainte provençale.

    Au-delà de la pécheresse, c’est l’amour que cette femme offre aux pieds de Jésus par ses larmes et ses parfums, en guise de tendresse et d’adoration. Son amour pour le Maître la lave de ses souillures. Son âme délivrée fait sa remontée vers la lumière. Cette transmutation lui rend sa virginité. Tout est Amour. Sa passion toute humaine pour le Christ et impossible à assouvir, est transfigurée en un flot de tendresse sans mesure. Elle est devenue passion divine qui régénère l’être et le temps, elle est immanence du sacré.

    Les femmes se reconnaissent dans cette tendresse toute humaine et à la fois au-delà de l’humain. Car « celui qui a connu l’amour se sait immortel, à  jamais sauvé. »

(Selon Jacqueline Kelen).

    Sa fête qui a lieu en été, le 22 juillet, en fait la protectrice des moissons.

    A sa mort, Marie-Madeleine a laissé « une odeur si suave…que pendant sept jours, ceux qui entraient dans l’oratoire la ressentaient » précise un pèlerin de l’époque. C’est toute la Provence qu’elle embaume de sa sainteté.

    Chaque année dans la chapelle où ils sont venus en procession le jour de la fête votive, les tourrettans aiment à chanter la prière de leur sainte patronne :

« O Madalena bella santa,
 que l’amour mena bèn aut,
 lou bon pople que ti canta,
 è lou pople provençau.

Sian vengù veire la bauma,
qu’arousere de tieu plour,
toun  perfum toujou l’embauma
maï que lou perfum dei flour."

O Madeleine, belle sainte,
Que l’amour mena bien haut,
Le bon peuple qui te chante
Est le peuple provençal.

Nous sommes venus voir la baume
Que tu arrosas de tes pleurs,
Ton parfum toujours l’embaume
Plus que le parfum des fleurs.»

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Chapitre suivant: La chapelle Saint-Antoine

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Bibliographie