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[Archives] - Spectacles et Evénements

Théâtre: La nuit de Valogne

Samedi 17 décembre 2011
Salle polyvalente - La Bigarade - Pont-du-Loup

une pièce d'après Eric-Emmanuel Schmitt

à 20h30

Entrée libre

Don Juan, l'homme, affronte son propre mythe, au cours d'un étrange procès...

Un soir d'été, la comtesse de la Roche-Piquet, Mademoiselle de la Tringle, Hortense de Hauteclaire dite "La religieuse" et Madame Cassin se retrouvent au château de Valognes, dans la campagne normande, sur l'invitation de la Duchesse de Vaubricourt. Ces cinq femmes, aux caractères différents ont un point commun : toutes, elles ont été séduites puis abandonnées par Don Juan. Le but de la Duchesse est de faire le procès du séducteur, et de le condamner à ce qu'il redoute le plus : la fidélité. Don Juan devra à l'issue du procès épouser Angélique, sa dernière conquête, et lui rester fidèle, sous peine de passer le reste de sa vie en prison.
Lorsque Don Juan arrive, les résolutions des cinq femmes semblent s'évaporer. Alors qu'elles se promettaient de rester insensibles aux charmes du séducteur et de demeurer les juges impartiales de celui qui les a trompées, elles vont toutes chercher à se faire remarquer, usant de moqueries mesquines et de compliments qui cachent leur jalousie et leur rancoeur. Surprise : Don Juan se plie sans protester aux conditions du procès. Plus encore, il accepte la sentence avant même que le procès ait lieu : c'est un Don Juan vieilli et amer qui promet à Angélique de l'épouser et de la rendre heureuse. Resté un moment seul avec la jeune fille, Don Juan se confie : avant de la séduire, il a connu l'amour, et il l'a perdu. Il accepte de renoncer à l'inconstance et aux plaisirs pour rendre hommage à ce sentiment profond qu'il n'a connu qu'une seule fois.
Par cette attitude, Don Juan brise son propre mythe. En obtenant ce qu'elles affirmaient vouloir, les femmes perdent cette seule image qu'elles avaient du séducteur : un homme libre, volage, impitoyable, mais terriblement fascinant, qui ne recherche que les plaisirs et ne connait pas l'amour. Et aucune des femmes ne supporte l'idée de perdre ce souvenir qui les fait souffrir, mais qui les fait également vivre. Avoir été séduite par Don Juan est une gloire qui efface la honte d'avoir été son jouet. Si Don Juan n'est plus lui-même, cette honte est trop grande. Car ce n'est pas cet homme qu'elles aiment, c'est le personnage : celui qui a séduit tant de femmes que son valet doit tenir une liste de ses conquètes, une sorte de livre de comptes.
Le procès n'a plus lieu d'être. Ou plutôt : le procès du séducteur devient alors le procès de l'homme qui a remplacé le personnage qu'elles adoraient. Alors qu'elles voulaient le condamner pour avoir été Don Juan, les femmes lui en veulent maintenant de ne plus être Don Juan.
Au cours de cette pièce de théâtre en trois actes, Eric-Emmanuel Schmitt revisite le mythe de Don Juan. Ou plutôt : il l'achève. Avec un regard aigu sur les comportements humains, l'auteur fait le portrait d'un homme et de femmes qui ne sont plus des personnages de théâtre, mais bien des êtres humains, envahis par le doute, la rancoeur, par le désir d'une vie autre que celle qui est la leur. Des personnes pour qui l'image, la façon d'être, la représentation ont plus d'importance que l'être lui-même, parce qu'ils ont alors l'impression de posséder quelque chose : une part de gloire, une vie plus excitante, une place au sein de la société.