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[Archives] - Actualités

Hommage aux victimes

Lundi 18 juillet 2016
Château-Mairie

Hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice

Ce lundi 17 juillet 2016 à midi, les tourrettans ont été nombreux à venir se recueillir dans la cour et sur la place du château pour rendre hommage aux victimes de l'attentat de Nice. L'émotion était palpable quand Julie Barbiera, habitante du village, a raconté ce qu'elle et ses amis ont vécu cette nuit là.
Il était important pour elle d'exprimer son ressenti et pour les participants de partager avec elle l'impact de ces moments douloureux.
Très ému, Monsieur Le Maire a ensuite pris la parole puis c'est avec conviction qu'avec lui tous ont entonné la Marseillaise, certains criant "Vive la France".

Paroles de Julie :
"Bonjour à tous,

Ce soir là, j'y étais, ils étaient là eux aussi, nous y étions tous.
Ce jeudi 14 juillet est une grande date pour notre belle France, notre fête nationale, et pourtant ce groupe non conforme et si étranger à une société qui porte un message de paix, a tenté de renverser une nouvelle fois notre union en faisant de cette grande date un événement tragique.
Je n'ai pas peur, je suis révoltée. Nous le sommes tous.
Une soirée plage entre amis, à bavarder, à contempler les feux d'artifices, à rire, à s'aimer, nous sommes l'avenir du monde, la jeunesse qui vit et pourtant quel avenir pour nous ?
Alors, ce soir là, bien loin de l'inquiétude mais dans l’insouciance de la jeunesse, nous étions là sur cette vaste promenade. Des milliers de grands sourires, de visages illuminés face à ce spectacle magique que nous procurait ce sombre ciel éclairé de mille couleurs.
Sommes-nous punis car nous jouissons des plaisirs de la vie ?
A 18 ans, on se sent intouchable, insouciant, vivant et là, en une soirée tous ces sentiments m'ont délaissée.
Ce soir-là, j'ai vu l'enfer, vécu la terreur, nous l'avons tous vécue.
Je tiens à présenter mes sincères condoléances à toutes les familles des victimes de ce malheureux drame.
Et surtout n’arrêtons pas de vivre !"

Julie Barbiera

Discours de Monsieur le Maire :

"Les formes et les couleurs de ce feu d’artifice qui marquait traditionnellement le soir de la Fête nationale brillaient encore dans leurs yeux.
Ils étaient là, venus en famille, vivre un moment de joie partagée avec les autres, amis ou inconnus niçois, et touristes. Ils étaient heureux, ils se préparaient soit à rentrer chez eux, soit à poursuivre cette belle soirée en allant manger une glace ou boire un verre…
L’horreur a brisé brutalement ce bonheur simple d’un moment festif et joyeux.
La barbarie a frappé des innocents, enfants, femmes et hommes, 84 morts, plus de 200 blessés marqués à jamais dans leur chair et les nombreux témoins du drame marqués à jamais dans leur esprit.
Nous sommes réunis devant la mairie, la maison commune, pour que tous ensemble nous ayons une pensée ou une prière, selon les convictions de chacun, en mémoire de toutes ces victimes innocentes qui ne demandaient qu’à vivre dans la paix."

Damien Bagaria

Additif : Outre le désir impérieux de s'exprimer publiquement à titre personnelle, Julie a, avec ses amis, éprouvé  le besoin d'écrire le texte suivant sur leur nuit de cauchemare :

Récit d'une nuit d'insomnie

Aujourd'hui, je parle pour nous la jeunesse.   
Aujourd'hui j'ose écrire, témoigner, m'opposer avec assertivité.
Nous avons 18 ans, nous aimons la vie.
En ce jeudi 14 juillet 2016, jour important pour les français, notre destin a pris un tournant décisif pour le reste de notre vie.
Beaucoup d'entre nous, depuis ce soir là, ne pensent plus comme avant et moi la première.
Cette idéologie totalement incompréhensible frappe dans le monde entier. Tout cela me semblait bien loin jusqu'au jour où mon pays, ma patrie furent touchés. J'en étais terriblement affectée.
Et puis, il y a eu ce soir là.
Mon cœur s'est brisé, mon âme a changé.

Je suis fascinée par le destin.
A vrai dire je n'y crois pas vraiment mais je suis une hédoniste.
Jeudi 14 juillet 2016, il était convenu que mes amis et moi nous nous rendions à Cagnes-sur-mer.
Faute de feux d'artifices ce soir là, changement de dernière minute, nous nous dirigions vers Nice.
Nice, notre ville, notre patrimoine, on s'y sent chez nous.
Forcément attirés par la foule pour la rejoindre inconsciemment sur la plage afin d'y contempler le spectacle magique au dessus de nos têtes.
Baignade nocturne, rires, rêves...
J'apprécie tellement cette insouciance.

Nous étions huit : Angelina, Jonathan, Jean, Baptiste, Anthony, Alexian et puis Céline. Cette dernière a d'ailleurs voulu s'exprimer sur ce tragique événement :
« Nice, cette ville dans laquelle j'ai grandi, que j'adore, dans laquelle je vais faire mes études l'année prochaine. Une ville remplit de fraîcheur et de joie.
Ce jeudi 14 juillet elle a connu le pire. Elle n'était cependant pas seule. Ce traumatisme a touché beaucoup d'entre nous. Je revois cette panique qu'on pouvait lire sur le visage des gens, cette peur qui ne cessait de grandir envisageant le pire ...
Je commençais à prendre conscience de la gravité des choses, cette cruelle réalité qui nous touchait de plein fouet. Nous sommes réellement en temps de guerre et jusqu'à présent ce n'était pour moi qu'un mot si loin de notre vie actuelle.»

Anthony, lui, ajoute : « On était tranquillement en train de passer une soirée entre amis après un feu d'artifice, je  me souviens, on était en route pour aller acheter des sucreries quand soudain on a vu un mouvement de foule se diriger vers nous sans comprendre ce qu'il se passait.
Au début Alexian et moi pensions que c'était un canular et puis là nous avons aperçu cet homme qui essayait de défoncer la porte arrière d'une voiture de police, nous étions dans l'incompréhension la plus totale. La police hurlait  « dégagez !».
Nous avons eu beaucoup de chance...  Je tiens à présenter toutes mes condoléances aux familles des victimes et n'oublierai malheureusement jamais cette soirée. »
Tandis qu'Alexian, lui aussi très touché, mentionne avec honneur le motard qui a tenté de stopper le camion, tous ces héros dont certains qui ont perdu la vie.

Aujourd'hui, nous, la jeunesse, sommes révoltés.
Alors, ce simple article me permet de parler pour l'ensemble de l'avenir du  monde.
Nous avons à faire à un combat commun, qui touche notre monde, notre pays, notre famille.
Je véhicule ici un message d'espoir, de paix mais je conteste.
Je conteste tous ces événements douloureux que le monde n'a pas à subir.

BARBIERA Julie.